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Repères pour former

Quelle organisation pédagogique ?

Comment répartir les contenus de formation entre les enseignants ?

Il n’y a pas de répartition type. L’idéal serait que les enseignants travaillent ensemble sur les mêmes situations. Si répartition il y a, elle peut se faire selon les « compétences et l’appétence » de chacun, sachant que les situations possèdent une dominante gestion, comptabilité, ou une dominante administration, communication, organisation.

17 situations mobilisent des compétences rédactionnelles et donnent lieu à la mise en place d’ateliers rédactionnels qui nécessitent l’intervention conjointe de professeurs de lettres avec des professeurs de spécialité. Les heures d’EGLS (enseignements généraux liés à la spécialité) peuvent être naturellement utilisées à cet effet en étant placées sur des plages horaires d’enseignement de spécialité.

Comment faire lorsqu’on est seul dans l’établissement ? Où trouver les informations nécessaires ?

Même s’il est rare techniquement d’être complètement seul sur une demi-division pour un bac 3 ans, cette situation nécessite un accompagnement particulier par les corps d’inspection et leurs équipes de formateurs. L’esprit de mutualisation des pratiques, des scénarios pédagogiques est fortement encouragé dans les académies et au niveau national. Grâce aux outils de partage, des réseaux de professeurs éloignés se sont créés.

La liste Lpeg, les référents GA dans les académies, l’équipe du CERPEG sont mobilisés dans cet esprit. Il est impératif de se rapprocher de son inspecteur pour connaître toutes les modalités d’accompagnement.

Les élèves peuvent-ils prendre en charge des projets dans l’établissement ?

Il est prévu dans le référentiel que les élèves puissent accompagner administrativement tout type de projet, y compris ceux de l’établissement. Cette possibilité est souvent très utilisée par les établissements qui n'avaient pas jusque là pour chaque projet un accompagnement administratif professionnel. Mais cette prise en charge administrative va souvent naturellement au-delà et les sections deviennent souvent responsables et actrices des projets ; ce qui est à encourager pour mieux faire reconnaître la section au sein de l’établissement.

Comment couvrir les 55 situations, chacune comportant, de plus, des niveaux d’aléas, de complexité ?

Il faut tout d’abord observer que ce sont des volumes comparables aux baccalauréats secrétariat et comptabilité actuels qui comportaient une quarantaine d’activités à mener sur deux ans, dont certaines étaient très globales (ex : participation à la gestion du personnel, le recrutement, la formation, …) et se déclinaient en de multiples tâches.

Quelques modalités pédagogiques ont émergé dans les pratiques des professeurs pour répondre à cette question :

  • les projets prévisionnels de formation (PPF) qui formalisent la progression sur les 3 ans du cursus en articulant l’acquisition des savoirs, des activités professionnelles et l’exploitation des PFMP. Quelques exemples de PPF sont publiés par le CERPEG ;
  • la mise en place de « scénarios d’activités » permettant aux élèves de « traverser » plusieurs situations professionnelles au cours d’une même séquence, reproduisant ainsi les conditions réelles de l’activité professionnelle quotidienne.

Enfin on peut considérer les niveaux d’aléas et de complexité comme des moyens d’individualiser la formation selon les capacités de chacun plus que des éléments à traiter systématiquement en classe entière.

Comment organiser le travail des élèves, de la classe ?

Tout est naturellement possible mais l’observation du travail des professeurs sur le terrain montre que ceux-ci adoptent plusieurs configurations de classe en fonction de leurs objectifs :

  • La classe entière est réservée aux « cours traditionnels », aux apports de savoirs, aux moments de partage et de restitution d’expériences par les élèves, à la mise en place et au bilan des projets, aux interventions de professionnels, ou encore aux prises de décisions collectives notamment dans le cadre des classes entreprise, etc.
  • Les ½ groupes sont bien adaptés à l’utilisation de l’espace professionnel, des salles informatiques, à la réalisation des activités pratiques, à la mise en œuvre des scénarios intégrant des échanges entre plusieurs organisations fictives ou encore pour faire fonctionner les mini-entreprises, etc.
  • Des petits groupes de 3 ou 4 élèves favorisent la mise en œuvre de scénarios où chacun occupe des postes différents, en activités interdépendantes. Ils sont aussi bien adaptés pour permettre aux élèves d’échanger, d’expliciter entre eux les situations de travail traversées en commun, de compléter à plusieurs leur passeport. Construits autour de projets, ces groupes réduits favorisent l’acquisition progressive de « l’autonomie à plusieurs » ; ces groupes travaillent de manière privilégiée dans l’espace professionnel ou la salle informatique mais ils peuvent aussi être organisés en classe entière dans une salle banalisée.

Doit-on toujours travailler en petit groupe ?

Il n’y a aucune obligation à ne travailler qu’en petit groupe ; ce qui est important c’est de varier et sans doute de graduer la place réservée aux différentes configurations possibles de la classe, en fonction du niveau d’autonomie des élèves mais aussi de leur capacité à travailler en équipe et en grand groupe.

Comment individualiser la formation notamment pour gérer les élèves bénéficiant de « passerelles » ?

Il existe plusieurs solutions contribuant à adapter le parcours de formation aux profils et aux possibilités des élèves. La mise en place de scénarios adaptés à chacun, le « réglage » des niveaux de complexité et d’aléas des situations professionnelles proposées permettent d’installer une progressivité dans les apprentissages.

Mais l’individualisation et la différenciation pédagogique consistent aussi pour les professeurs à pouvoir suivre les parcours d’apprentissage des élèves via leur passeport, notamment en balisant le parcours d’entretiens-bilans. Ils peuvent aussi utiliser les vues synthétiques des parcours grâce à l’outil Cerise Pro ou bien créer leurs propres tableaux de suivi.

Dans le cas de passerelles, cela suppose d’avoir procédé en amont à un positionnement en termes d’acquis des élèves. On peut ainsi mettre en évidence ce qui peut être réinvesti dans le cadre de la formation, ce qui peut alimenter le passeport.

Il est important aussi de comprendre que l’individualisation ne peut se comprendre, paradoxalement, que dans l’installation d’une dynamique collective : créer des groupes d’entraide, mettre les élèves en projet, favoriser l’immersion dans les espaces professionnels, installer des mini entreprises, sont autant de modalités qui contribuent à ce que chacun puisse occuper une place correspondant à ses capacités tout en progressant au contact des autres ; le professeur n’est pas toujours le seul ainsi à pouvoir « porter » l’individualisation.

Comment gérer en formation les redoublants des anciens baccalauréats secrétariat et comptabilité ?

Il s’agit d’une forme d’individualisation particulière car ces redoublants ne pourront garder le bénéfice des épreuves professionnelles. Il ne s’agit pas pour autant de tout refaire car bon nombre de leurs activités passées peuvent être facilement réinvesties, réutilisées dans la formation GA.

L’idée est de pouvoir « convertir » certaines de leurs activités passées, notamment celles servant de supports aux épreuves E2, E3 des anciens baccalauréats, en les rapprochant des situations professionnelles du baccalauréat GA et qu’avec leurs expériences de PFMP, ils puissent ainsi constituer leur passeport. Il y a donc un « positionnement » à faire en début de terminale pour accompagner ces redoublants afin qu’à partir de leur passeport, on puisse ainsi piloter le nouveau parcours de professionnalisation qui leur est proposé.

Quels contenus et modalités de formation ?

Comment former aux compétences à partir des situations de travail ?

Partir des situations de travail pour faire acquérir des compétences repose sur quelques principes largement partagés :

  • toute compétence est mobilisée « en situation », elle est dite « située »;
  • la compétence est une combinaison de plusieurs éléments. Toute tâche pour être réalisée nécessite la mobilisation de connaissances, d’outils, de techniques, de procédures, etc. Chacun va ainsi faire appel à des ressources externes (guides, référents, réseau, outils, etc.) et des ressources internes (connaissances, situations professionnelles passées, etc.) pour construire sa propre démarche afin d’effectuer * le travail demandé. Devenir compétent consiste finalement à remplir progressivement ce « sac à dos » de ressources pour pouvoir faire face à n’importe quelle situation de travail.
  • pour une compétence donnée, il existe plusieurs niveaux d’acquisition qui dépendent principalement de la capacité de chacun à affronter des situations de travail plus ou moins complexes ou comportant plus ou moins d’éléments inattendus (les aléas). C’est pour cela que le référentiel indique pour chaque situation des niveaux croissants de complexité ou d’aléas ;
  • « est compétent, celui qui sait pourquoi il a agi ainsi et pas autrement » ; il est donc nécessaire pour acquérir une compétence non seulement de « faire » mais aussi « d’expliciter » à l’oral ou par écrit ce que l’on a fait, ce à quoi on a renoncé, les erreurs évitées ou corrigées, pour s’approprier et « prendre conscience » de son activité.

Qu’est ce que l’explicitation ? Comment faire expliciter les élèves ?

Voir à ce sujet : Aide à la réflexivité

L’explicitation fait partie intégrante du processus d’acquisition des compétences car c’est le moment où chacun va s’approprier son activité en en parlant ; ce point est central car cela permet de passer « du geste à la compétence ». Concrètement, l’explicitation, écrite ou orale, consiste en la recherche avec d’autres de points communs, de différences, la mise à jour des hésitations, des erreurs, des choix opérés, des difficultés, des manques, des besoins de connaissances complémentaires, etc.

Elle peut se faire directement avec le professeur, ou sans le professeur en petit groupe, en binôme. L’explicitation peut conduire naturellement les élèves à mieux décrire leur situation de travail, à l’oral comme à l’écrit, via notamment leur passeport professionnel. Mais encore un fois, l’explicitation ne doit pas être confondue avec la capacité à rédiger même si elle y contribue indéniablement.

Quelle est la place laissée à l’acquisition des savoirs ?

Les savoirs sont indissociables de toute activité professionnelle et nourrissent les compétences (elles remplissent le « sac à dos » !). Cela concerne tant les savoirs généraux que les savoirs plus techniques. Ils peuvent être enseignés en amont comme en aval des activités, tout comme il peut apparaître nécessaire de leur réserver une place au cours de l’activité même.

Si le référentiel a décrit explicitement les savoirs techniques, juridiques et économiques ainsi que les savoirs rédactionnels susceptibles d’être mobilisés dans les situations de travail, il est évident que d’autres types de savoirs peuvent aussi nourrir ces situations.

On retrouve dans les savoirs techniques mobilisés, les savoirs comptables permettant de traiter des données et des documents de gestion, mais aussi les savoirs en communication et en organisation.

En quoi consistent les scénarios pédagogiques ?

Comme le référentiel du baccalauréat gestion administration propose une entrée par les situations professionnelles emblématiques du métier de gestionnaire administratif, le scénario pédagogique permet de proposer aux élèves un « parcours » dans ces situations professionnelles ; il est un fil rouge qui se définit comme une succession d’étapes dans lesquelles les élèves ont des tâches à effectuer et des rôles spécifiques à jouer, les plus proches possible de ceux qu’ils retrouveront dans la vie professionnelle. Il peut s’agir d’activités réelles, d’activités simulées ou d’un hybride des deux.

Les scénarios permettent de réaliser des activités transversales et nécessitent la mobilisation de compétences multiples. Ils s’inscrivent dans un environnement numérique et se déroulent de préférence dans les espaces professionnels. (voir plus bas)

Chaque étape du scénario comprend des phases d’action et de réflexion de l’élève : faire, déposer, regarder, discuter, analyser (dans cet ordre ou dans un autre). Dans un scénario, on trouve donc des objectifs, une planification des activités d'apprentissage, une description des tâches des élèves, des modalités d'évaluation qui sont définis et organisés, notamment via le passeport professionnel. Enfin dans un scénario, les ressources et les outils associés servent notamment à produire des nouvelles ressources qui entrent à leur tour dans le processus : Le travail des uns peut être utilisé pour le travail des autres.

Un même scénario peut s’inscrire dans des niveaux de variabilité différents (complexité et/ou aléas) et propose l’utilisation de logiciels différents (ex : Word et open office, logiciels de communication, de présentation, PGI etc.)

Une même organisation peut être support à plusieurs scénarios pédagogiques.

En quoi est-ce que le scénario est une modalité particulière ?

Tout d’abord, travailler par scénario bouscule et reconfigure l’espace (on passe de la salle de classe à l’espace professionnel) et le temps pédagogique (une même situation professionnelle peut être abordée plusieurs fois en la complexifiant au fil du temps).

Il existe aussi une différence entre le scénario pédagogique et la « mise en situation » classiquement pratiquée : le scénario pédagogique traverse un ensemble de situations professionnelles, un processus administratif réel ou simulé avec toutes ses dimensions (outils réels, temporalité proche de la réalité, postures dans les organisations). Il permet de faire évoluer, de renforcer la notion de « contextualisation » souvent limitée à quelques phrases pour situer l’activité pédagogique. En ce sens, il se distingue par la durée, par les ambitions et par les contenus des traditionnelles séquences pédagogiques.

Est-on obligé de mettre en œuvre des scénarios pédagogiques ?

Il n’y a aucune obligation en la matière car cela relève des choix pédagogiques des professeurs mais, outre les avantages développés précédemment, les scénarios permettent de rompre avec les traditionnelles activités où toute une classe faisait la même chose au même moment dans des contextes plus ou moins éloignés des réalités professionnelles. Les scénarios constituent une organisation pédagogique différente car ils intègrent les apprentissages professionnels par des pratiques en immersion concrète.

Construire un scénario nécessite une charge de travail très importante pour le professeur ?

Il est vrai que cela nécessite une préparation importante même si l’investissement temps est ensuite largement « rentabilisé » par une plus grande disponibilité en classe du professeur pour accompagner chaque élève.

Mais pour éviter cette surcharge de travail, il a été mis en place des mutualisations académiques et nationales conduisant à la constitution de « banques de scénarios ». Un outil a même été conçu pour harmoniser la présentation de scénarios. Il s’agit de GSCEN.

Quels supports de formation ?

Le passeport professionnel Consulter le document complet sur le passeport.

Qu’est ce que le passeport professionnel ?

Le passeport professionnel possède plusieurs caractéristiques :

Tout d’abord, il est très important de garder à l’esprit que le passeport professionnel concerne principalement la formation des élèves, avant même que de pouvoir servir à la certification.
A ce titre, le passeport est avant tout la propriété de l’élève ; c’est pour lui une sorte de « journal professionnel », ce sont ses propres mots et ses choix qui construisent le passeport professionnel. C’est donc bien l’élève qui reste acteur de son passeport tout au long de sa formation et qui en reste aussi responsable de la qualité globale.
Le passeport est un document de formation professionnelle (ce n’est pas un blog, un compte facebook ou autre support à usage personnel) car il est structuré et soumis au regard d’un formateur qui permet à un élève de le nourrir, de l’enrichir…Le passeport est d’ailleurs articulé avec le projet de formation porté par une équipe et les professeurs ont accès aux passeports de leurs élèves.

Quel intérêt pour les élèves ? Ceux-ci peuvent ne pas avoir envie de mettre à jour leur passeport en pensant que c’est du temps perdu...

Chaque élève ne fait pas un passeport pour passer un examen mais d’abord pour assurer son employabilité future, pour garder les traces de ses activités et les valoriser plus tard, tant pour un projet d’insertion que pour une poursuite d’études. De ce point de vue, le passeport s’inscrit dans la démarche des portfolios ou encore des « books » professionnels utilisés dans certains métiers.

Il est clair que le rôle du professeur pour responsabiliser les élèves à ce niveau est important et ce n’est pas toujours, paradoxalement, en les motivant par l’examen que l’on y arrive. Cette sensibilisation doit être très progressive et ne pas se transformer en obligation à tout prix ; le passeport doit doucement s’inviter dans le rythme normal de l’élève et de la classe.

Mais pour les élèves, le passeport présente 3 intérêts majeurs :

  • il leur permet d’expliciter leur activité et de développer leur réflexivité. Nous avons vu que si « faire et dire » caractérisait le processus d’acquisition des compétences, une qualification de niveau IV ne peut se limiter à l’acquisition de gestes et de techniques sans qu’il y ait un temps de prise de conscience de l’activité professionnelle par la description et la discussion autour de ce que l’on fait ;
  • il témoigne de l’activité des élèves dans toutes ses dimensions : qu’elle se déroule en établissement, en PFMP mais aussi dans des contextes informels ;
  • enfin, le passeport s’inscrit même dans l’activité professionnelle emblématique et identitaire de tout gestionnaire administratif : celle de pouvoir rendre compte.

Il est vrai qu’au début du cursus, les plus jeunes élèves préfèrent « agir » que « décrire » ! Mais l’exercice, en attendant qu’il devienne un « réflexe » professionnel, peut être plus ludique : expliciter à plusieurs, expliciter des évènements de la vie courante, s’auto corriger, etc.

Quel est l’intérêt du passeport professionnel pour les professeurs et les formateurs ?

Suivre l’activité et les compétences des élèves n’est pas nouveau pour les professeurs et formateurs de l’enseignement professionnel. Depuis de nombreuses années, ceux-ci ont conçu des livrets, des documents de liaison, des guides, en général sous forme papier, plus rarement sous forme numérique. Mais le passeport professionnel, qui s’inscrit dans la même démarche que celle des portfolios, présente des atouts supplémentaires :

  • il permet le pilotage individualisé des parcours d’élèves en offrant une vue synthétique des situations professionnelles rencontrées et en établissant un lien avec les PFMP, les situations informelles ;
  • par l’accès partagé au passeport des élèves, il facilite la co-intervention de plusieurs enseignants, voire des tuteurs ;
  • il permet aux enseignants de réinvestir, s’ils le souhaitent, les situations professionnelles rencontrées par les jeunes (notamment en PFMP) dans leurs enseignements ; et cela vaut aussi pour les enseignements généraux. Il y a là la possibilité d’articuler les différents enseignements entre eux ;
  • il peut aussi permettre au professeur de construire ses propres évaluations ;
  • via le passeport les élèves sont incités à développer leurs compétences rédactionnelles ou atténuer leurs grandes difficultés en la matière, en ancrant les écrits dans leurs pratiques professionnelles.

Quelles contraintes fait peser le passeport professionnel sur la charge de travail des professeurs ?

L’enseignant peut porter le même regard sur les passeports de ses élèves que celui qu’il aurait sur leurs classeurs ou dossiers pour d’autres cours plus traditionnels, sauf qu’ici il s’agit d’enseignements professionnels. Les questions qu’il peut se poser à propos de ses élèves sont alors identiques : Les mettent-ils à jour ? Comment prennent-ils leurs notes ? Que gardent-ils de ce qui a été fait ? Est-ce soigné ? Quand leur laisser le temps d’accéder à leur passeport ? etc.

Mais, via le passeport, l’enseignant joue aussi pleinement son rôle pédagogique en aidant progressivement l’élève à acquérir des compétences et à construire son passeport. Tout comme pour les autres cours, cela « s’apprend » ; il y a en début de cursus des séances méthodologiques à prévoir, mais aussi des exercices «de fond » à mettre en place pour notamment aider les élèves à rapprocher leurs travaux personnels des activités du gestionnaire administratif telles qu’elles sont décrites dans le référentiel. L’autre apprentissage de fond consiste à aider les élèves à exprimer, à échanger, à présenter, à commenter et à apprécier leurs activités professionnelles.

Les passeports témoignent-ils cependant de la qualité de travail des professeurs dans leur classe ?

Encore une fois, le passeport ne constitue ni plus, ni moins qu’un document révélateur de l’activité d’un élève en classe. Il ne peut donc être l’instrument de contrôle et d’évaluation privilégié par les inspecteurs à partir du moment où un enseignant, une équipe font tout pour qu’un jeune puisse traverser de nombreuses situations professionnelles et qu’ils lui donnent les moyens et les temps nécessaires pour en conserver la trace, les décrire, les faire évoluer…Chacun sait qu’un cours d’élève ne reflète que partiellement la qualité d’un professeur !

N’y a-t-il pas un risque pour un professeur à toujours corriger les passeports, à toujours évaluer ?

Il y a effectivement ce risque qui a bel et bien existé à la mise en place du BEP MSA avec les « fiches » que les professeurs se sentaient tenus de corriger en permanence. Ce risque est dû principalement à deux choses :

  • la première est que les professeurs aient de suite de trop fortes exigences en termes d’écrits des élèves dans leur passeport ; ils oublient que ce sont les mots des élèves qui sont les plus importants, y compris et surtout s’ils sont perfectibles, sachant que les jeunes peuvent faire évoluer leurs descriptions tout au long de la formation ;
  • la seconde est de considérer le passeport exclusivement comme un document de certification et non de formation…et de le présenter ainsi aux élèves ! Les professeurs s’engagent ainsi dans une démarche qui n’est pas tenable pour eux : ils se sentent obligés d’évaluer toute modification du passeport de leurs élèves et de plus conduisent ceux-ci à leur mettre la pression pour être évalués. Nous verrons plus bas que les exigences pour la certification sont plus atténuées que cela, heureusement !

Faut-il que chaque passeport d’élève contienne l’intégralité des situations professionnelles avec tous les niveaux d’aléas et de complexité ?

La question pourrait très bien s’appliquer à un programme : faut-il avoir vu tout le programme avec chaque élève, et avec le même niveau d’approfondissement pour chaque élève ?

Couvrir tout le programme, tout le référentiel est naturellement l’objectif de chaque enseignant, mais il sait aussi, selon les capacités de ses élèves, qu’il ne pourra pas approfondir telle ou telle notion. S’il est vrai que la situation professionnelle et tout ce qui lui est attaché (compétence, savoirs, productions, etc.) constitue bien l’unité de base de la formation et qu’il est donc important qu’un élève ait pu rencontrer les 55 situations professionnelles (en PFMP, en établissement ou de manière informelle), tous ne le feront pas avec les niveaux de complexité et d’aléas identiques…

En conclusion

Le passeport n’a donc pas vocation à devenir un instrument de contraintes supplémentaires pour les élèves, les professeurs et les inspecteurs mais bien plutôt un support « banalisé » qui possède un incontestable attrait car il est le seul support qui formalise un processus de professionnalisation.

L’application Cerise Pro

Qu’est ce que Cerise Pro ?

Cerise Pro est un logiciel, une application numérique permettant aux élèves de construire leur passeport professionnel et aux professeurs de piloter pédagogiquement les parcours professionnels de leurs élèves.

Cette application est développée et commercialisée par le CRDP de Poitiers. Elle fait partie de la gamme CERISE qui couvre les besoins en livrets de compétences du primaire jusqu’au baccalauréat et même après (des passeports s’installent progressivement en BTS).

Cerise Pro est une application en ligne qui présente l’avantage considérable pour l’élève d’être accessible de n’importe quel endroit à condition d’avoir un accès internet. Cette possibilité d’accès à tout moment et en tout lieu, tant par les élèves que par les professeurs, change profondément la relation pédagogique, la qualité du suivi des activités, la richesse des situations professionnelles collectées…En passant au numérique, c’est aussi l’alternance qui est redéfinie puisque les enseignants peuvent s’ils le souhaitent suivre à distance, en temps réel, ce qui se passe en PFMP et utiliser les situations professionnelles qui y sont collectées pour les enrichir en établissement de formation.

N’est ce pas un problème que Cerise Pro soit payant ? Est-on obligé de l’utiliser ?

Le prix a été fixé pour permettre à tout établissement d’offrir le service aux élèves. Ce prix tient compte principalement des coûts d’hébergement des passeports. Il a donc fallu trouver une solution abordable qui ne constitue par une charge inaccessible (notamment comparée aux investissements dans les autres formations professionnelles).

Personne n’est obligé d’utiliser cette application pour créer et gérer les passeports des élèves. C’est un service qui est offert aux jeunes et à leurs professeurs.

Quelles fonctionnalités, quels services sont offerts aux professeurs avec Cerise Pro ?

Nous avons vu que Cerise Pro permet la création, la gestion et le pilotage des passeports professionnels des élèves. Il intègre aussi pour les professeurs des fonctionnalités d’évaluation formative pour suivre les progrès des élèves.

Cerise Pro peut être utilisé par tous les diplômes professionnels et donc tous les modules proposés ne sont pas à utiliser systématiquement en GA. Le cœur de l’application qui concerne GA est le module « passeport professionnel » et les tableaux de bord.

REMARQUE IMPORTANTE : Attention au module « scénarios » de Cerise Pro,même s’il s’agit du même mot, il ne concerne pas les scénarios tels qu’ils sont définis en GA !

Cerise Pro est-il vraiment fiable car il semble qu’il évolue souvent et cela déstabilise les professeurs ?

C’est vrai que nous sommes à la version 4 de Cerise Pro mais c’est précisément parce que les accords trouvés avec le CRDP prévoient de faire évoluer le logiciel en fonction des demandes qui remontent du terrain de la part des professeurs. Si le logiciel évolue, c’est parce qu’il tient compte des besoins nouveaux des professeurs et non pas pour des raisons techniques ou éditoriales.

Par exemple, la dernière évolution en date permet ainsi à tout élève de garder son passeport même en cas de changement d’établissement, de spécialité. D’autres évolutions concernent la simplification des codes couleurs utilisés, l’option supplémentaire offerte aux professeurs de masquer les évaluations aux élèves ou encore la possibilité d’adjoindre les compte-rendus de PFMP, etc. Ceci étant, on peut considérer que l’application arrive à un stade de maturité permettant maintenant de mieux s’en emparer. A ce propos, tout au plus peut-on regretter que l’expression malheureuse de « fiche » abandonnée tant en BEP MSA qu’en Bac GA soit encore trop présent dans l’application Cerise Pro, tant elle réduit le travail des situations professionnelles à une simple saisie de formulaire…Cela aussi devrait être corrigé.

Cerise Pro nécessite t-il un apprentissage des élèves ?

Oui, mais ce n’est pas tant l’apprentissage du logiciel (assez simple d’utilisation par les élèves) que l’apprentissage de l’explicitation par le passeport qui est important.

Avec près de 2 ans d’expérience, les professeurs conseillent d’ailleurs d’aborder cela dès la classe de seconde, mais de manière très progressive. Certains ne parlent même pas de passeport ni de Cerise Pro ! Mais ils commencent par demander aux jeunes élèves d’expliciter, d’analyser des activités réalisées dans des contextes personnels (activités sportives, culturelles, artistiques), ou lors de leur stage de 3ème ; ils peuvent rendre compte des situations en équipe en passant progressivement de l’oral à l’écrit. Tout cela peut être encore facilité avec une coordination au sein de l’équipe pédagogique.

Petit à petit, l’usage de Cerise Pro, détaché des préoccupations certificatives et du regard trop prégnant des professeurs, devient un réflexe inscrit dans la formation (voir à ce sujet les vidéos du Cerpeg relatant les témoignages d’élèves et de professeurs).

Cerise Pro propose un module dit « d’évaluation ». Cela sert-il la certification ?

Nous aborderons cela dans la partie ci-dessous consacrée à la certification mais attention, Cerise Pro n’est en aucun cas un outil de certification qui ferait peser des contraintes lourdes sur les professeurs ! Il n’est d’ailleurs jamais fait référence à ce logiciel dans la définition des épreuves mais simplement « d’extraits de passeport » sous forme numérique ou…imprimée. Il ne peut donc être rendu obligatoire pour un candidat.

Si ce n’est pour la certification, à quoi sert donc le module dit « d'évaluation » de Cerise Pro ?

Il existe bien des possibilités d’évaluation prévues par le logiciel mais ces évaluations n’ont pas de visée certificative et servent uniquement la formation. L’évaluation dans Cerise Pro reste donc formative et dépend des choix des professeurs qui restent libres de procéder aux évaluations qu’ils souhaitent pour leurs propres besoins : ils ont ainsi la possibilité d’évaluer des compétences, d’évaluer les descriptions d’activités, d’évaluer les productions professionnelles, d’évaluer les projets en cours, etc. ils peuvent aussi organiser des prestations, des présentations orales.

Toutes ces évaluations alimentent les bulletins scolaires au même titre que les évaluations dans les autres enseignements. Par exemple, en termes d’évaluation formative, de nombreux professeurs organisent ainsi à la fin de chaque année scolaire des « présentations orales » en demandant à leurs élèves de s’appuyer sur leur passeport.

Faut-il que chaque situation soit saisie dans Cerise Pro ? Faut-il évaluer à chaque modification du passeport ?

Encore une fois, il n’existe aucune obligation en la matière en dehors des choix que le professeur peut faire. Les élèves n’ont pas à saisir chaque situation systématiquement après avoir fait une activité : il se peut que celle-ci ne leur paraisse pas suffisamment significative pour figurer dans le passeport, ou bien en ont-ils rencontré d’autres plus intéressantes…

De même, le professeur n’a pas à évaluer plus que de besoin chaque modification apportée au passeport même si le logiciel prévoit qu’il en soit informé systématiquement.

Suivre régulièrement les activités, lire les situations renseignées par respect du travail fourni, s’informer, observer les difficultés, les progrès, constitue le travail habituel des professeurs d’enseignement professionnel et cela ne passe pas obligatoirement par des évaluations formelles.

Nous avons vu aussi plus haut que les professeurs n’ont pas non plus à systématiquement « corriger » les descriptions mais peuvent aussi se contenter de commenter et suggérer des ajustements. Enfin, il ne faut pas oublier que l’application peut être utilisée en petits groupes d’élèves qui peuvent travailler ensemble à la description des situations professionnelles…

Que faire avec un élève qui ne veut pas utiliser Cerise Pro ?

Ni plus ni moins qu’un élève qui ne rend pas ou ne fait pas le travail demandé par son professeur dans d’autres enseignements. Si l’élève n’alimente pas son passeport, cela le concerne directement ; il perdra toute trace des activités réalisées et doit en être le seul pénalisé. Par contre si cela traduit des difficultés importantes avec l’écrit, il n’est pas interdit de faire décrire à plusieurs élèves ensemble leur activité ou bien qu’un élève copie la description d’un autre pour mieux se l’approprier. Le « recopiage » à des fins formatives peut même être parfois souhaitable dans un premier temps pour permettre ensuite à certains élèves d’accéder à plus d’autonomie…

Quel environnement de formation ?

Les espaces professionnels et l’alternance pédagogique

Quel est l’intérêt des espaces professionnels ?

La constitution des espaces professionnels s’inspire des résultats des travaux de recherche concernant la formation professionnelle au sein des simulateurs (notamment des simulateurs de vol). On sait que ces situations simulées sont tout autant source d’apprentissage que les situations réelles vécues en PFMP à la différence près que le jeune les acquiert dans un milieu sécurisé qui permet davantage d’erreurs, d’essais et de retours sur l’activité.

On apprend donc en simulation à condition toutefois de pouvoir reproduire le plus fidèlement possible la réalité : c’est l’objet des espaces professionnels, véritables "simulateurs administratifs", que de correspondre le plus fidèlement possible à l’environnement de travail du gestionnaire administratif pour immerger les élèves dans une réalité professionnelle tout en reproduisant les conditions décrites dans le référentiel.

Mais le cadre n’est pas tout, il faut aussi que les activités demandées, les situations proposées correspondent aussi à cette réalité. C’est tout l’intérêt des scénarios que de permettre l’enchaînement des travaux administratifs.

Finalement tout cela n’est rien d’autre que l’application à la filière administrative de ce qui se fait par ailleurs dans les ateliers industriels ou les restaurants d’application…

Est-ce que les espaces professionnels nécessitent une pédagogie particulière ?

Il est utile ici de consulter tous les témoignages de professeurs qui utilisent depuis près de deux ans les espaces professionnels Pour répondre à cette question, il faut s’appuyer sur l’expérience des professeurs et leurs multiples témoignages. L’IFE a également conduite une étude sur les changements de pratiques mais aussi de posture pédagogique des enseignants en espace professionnel. Plus d’autonomie laissée aux élèves, fonction d’accompagnement plus ciblée, installations de « rituels » d’entrée en classe (émargement, poignée de main, installation au poste de travail (accueil, achats....), courrier dans les bannettes, etc....), développement naturel du travail entre pairs (entre élèves), sont quelques uns des aspects les plus caractéristiques des « ambiances pédagogiques » en espace professionnel.

Mais plus d’autonomie en espace professionnel ne signifie t-il pas une plus grande indiscipline de classe ?

La réalité des témoignages montre que, très vite, c’est tout le contraire qui se produit. Si les élèves ont besoin de deux ou trois séances pour intégrer les « rituels » d’entrée en espace professionnel, le travail est beaucoup plus apaisé avec un professeur plus disponible pour chacun. A l’inverse, on sait que les tensions peuvent être plus grandes quand tous les élèves doivent faire la même activité, en même temps et au même rythme, les plus avancés n’ayant pas toujours la patience d’attendre les autres…

Avec les espaces professionnels, est-ce que les cours traditionnels disparaissent ?

Absolument pas, la pédagogie par et dans les espaces professionnels est une pratique qui complète les autres modalités pédagogiques mises en place par les professeurs. Si elle correspond très bien aux enseignements professionnels, les enseignements généraux peuvent aussi y trouver leur place ; à l’inverse, les enseignements professionnels ne doivent pas se réduire à mettre toujours les élèves en activité, il reste bien sûr des modalités plus habituelles de transmission des savoirs et d’acquisition de connaissances.

Une difficulté peu cependant apparaître dans le télescopage entre ces différentes modalités. Les élèves familiers de la pédagogie dans les espaces professionnels peuvent avoir du mal à se retrouver dans des configurations plus habituelles ; c’est pour cela que certains professeurs n’ont ainsi pas hésité à inclure des espaces identifiés « transmission des savoirs, formation fondamentale, etc » dans l’agencement des espaces pédagogiques réservés aux classes de GA.

Comment articuler les situations vécues en établissement avec celles vécues en PFMP ?

Tout d’abord, il faut éviter de hiérarchiser ces lieux différents d’acquisition de la professionnalité. Chaque espace d’apprentissage possède ses propres caractéristiques, ses avantages et ses limites. L’idée est que les situations professionnelles peuvent être rencontrées en PFMP mais qu’elles peuvent aussi être reproduites, approfondies, travaillées différemment en établissement. L’espace professionnel va ainsi permettre de mieux piloter l’acquisition des compétences mais aussi, et ce n’est pas le moindre des avantages, permettre aux élèves qui n’ont pas bénéficié de conditions optimales de PFMP d’accéder à des situations professionnelles tout aussi riches et complexes.

PFMP et travaux en espaces professionnels doivent donc être perçus comme complémentaires au niveau des apprentissages professionnels et c’est pour cela que le passeport peut s’enrichir de ces deux modalités de formation.

La réussite dépend non seulement de la qualité « physique et matérielle » de l’espace professionnel mais aussi du caractère professionnel des activités qui y sont proposées. C’est là tout l’enjeu des scénarios pédagogiques que de ne pas réduire la formation professionnelle en établissement à de simples activités pratiques, des TD ou encore des exercices d’application qui n’agissent que sur les apprentissages scolaires.

De quoi est composé l’espace professionnel ?

Il faut voir à ce sujet les exemples d’espaces professionnels présentés aux différents séminaires et figurant dans le guide d’accompagnement pédagogique. Pour faire simple, un espace professionnel est constitué :

  • d’un espace physique aménagé ;
  • d’un environnement technologique composé notamment d’outils bureautiques, d’un PGI, d’applications de communication et de toute autre application au service des activités de gestion administrative ;
  • il peut être animé au moyen de scénarios pédagogiques.

Les périodes de formation en milieu professionnel

Quels sont les lieux de PFMP possibles ? Y a-t-il des contraintes dans le choix des PFMP?

Avec la rénovation GA, tout lieu proposant des activités administratives et de gestion est désormais acceptable. Tout type de PME, de TPE, de GE, d’entreprises d’artisanat ou de commerce, d’associations, d’administrations, de collectivités…et même d’établissements scolaires. La gestion administrative étant par nature transversale, il n’y a donc aucun lieu, ni aucun secteur d’activité à exclure à partir du moment où l’élève va vivre les situations professionnelles du référentiel et où cela correspond à ses motivations, à son projet…

Y a-t-il des contraintes dans la programmation des PFMP ?

Il n’y a aucune contrainte autre que la durée de 22 semaines exigée en fin de cursus. La planification dépend entièrement des projets pédagogiques des professeurs, de l’établissement.

Doit-on obliger un élève à changer de lieu d’une PFMP à l’autre ?

Il n’y a aucune obligation de changer de lieu ou de rester dans le même lieu. Tout dépend du projet de l’élève : souhaite t-il se spécialiser dans une activité particulière, dans un contexte métier (ex le médical, le tourisme, s’insérer dans une entreprise ou au contraire diversifier ses expériences professionnelles ?

Qu’est ce qu’un bon lieu de PFMP ?

C’est d’abord le lieu où l’élève va rencontrer une grande diversité de situations professionnelles. Ce peut être aussi là où il rencontrera peut-être moins de situations mais avec des niveaux de complexité plus élevés…c’est donc très variable mais le critère reste bien la couverture plus ou moins complète de l’ensemble des situations professionnelles.

Est-ce que les élèves peuvent continuer de faire leurs PFMP dans un cabinet comptable ?

Le critère reste identique à ce qui est dit dans la question précédente. Il n’y a donc aucune interdiction à avoir à ce sujet. Enfin, si le projet de l’élève est de se tourner vers les études comptables il peut être judicieux qu’il ait cette expérience de PFMP en fin de cursus.

Qu’est ce que piloter les PFMP en GA ?

« Piloter » les PFMP est plus que « suivre » les PFMP. C’est intégrer les PFMP dans le parcours de professionnalisation de l’élève et dans l’émergence de son projet d’insertion et/ou de poursuite d’études. Il s’agit en tout cas de vérifier que chaque élève au cours de ses 22 semaines ait traversé un maximum de situations professionnelles du référentiel. Il s’agit donc de faire un point après chaque PFMP pour analyser avec l’élève ce qui manque, ce qui pourrait être plus riche et définir avec lui la stratégie pour la PFMP suivante. C’est là que le passeport professionnel et les tableaux synthétiques de Cerise Pro deviennent des outils précieux pour gérer cette continuité.

L’environnement numérique professionnel

De quoi se compose l’environnement numérique professionnel en GA ?

Il est important de bien distinguer dans l’environnement numérique :

  • l’environnement numérique pédagogique, notamment Cerise pro qui sert à réaliser le passeport et Page (voir ci-dessous) qui permet de créer des activités pour les élèves ;
  • l’environnement numérique professionnel qui dans sa version de base est constitué par :
    • une suite bureautique classique ;
    • des logiciels de présentation (diaporamas, cartes heuristiques, etc.);
    • des espaces d’échanges et de collaboration ;
    • des outils de communication (messageries, forums, listes, flux, TAO, etc.) et d’organisation (plannings, etc).

De plus, les gestionnaires administratifs sont conduits ou seront conduits dans les prochaines années à manipuler de plus en plus de données comptables et de gestion. Ils peuvent utiliser classiquement des applications dédiées à certaines fonctions (gestion commerciale, gestion comptable, gestion des déplacements, applications métier, etc), mais l’on se tourne de plus en plus vers des applications intégrées qui peuvent répondre aux besoins de nombreux utilisateurs : les PGI[1] (progiciels de gestion intégrée), appelés aussi ERP.

Doit-on apprendre aux élèves des logiciels ?

Il y a bien sûr une phase d’apprentissage minimal de chaque logiciel mais le plus important est d’apprendre les usages numériques en situation de travail. Il faut rappeler que dans le cadre d’une approche par compétence, l’outil est au service de son acquisition et qu’il ne s’agit pas de former à une maîtrise totale de l’outil. Ce n’est pas l’outil pour l’outil mais l’usage que l’on en fait qui est important, d’autant qu’il y a fort à parier que si les outils numériques administratifs vont évoluer considérablement, les usages eux resteront plus stables.

Y a-t-il des outils préconisés ?

Avec la rénovation a été prévu un environnement-type pour permettre aux équipes, aux établissements de concevoir leur projet d’équipement.

La solution la plus immédiate a été de proposer un boîtier NAS[2] contenant tout l’environnement souhaité : PGI, suite bureautique, espaces collaboratifs, sites marchands, site entreprise, banques en ligne, etc.

Si le choix initial s’est porté sur des logiciels libres (OpenERP)[3] pour ne pas ajouter une contrainte financière forte, d’autres solutions proposées par des éditeurs privés existent maintenant, notamment EBP[4] ou OpenERP[5] accessible en ligne , ces éditeurs ont signé une convention avec l’éducation nationale pour notamment faire bénéficier de tarifs réduits.

A quoi sert le générateur d’activités (application Page) ?

Le générateur d’activités (application Page) est une véritable innovation pédagogique conçue par un professeur de comptabilité, ex-professionnel du développement d’applications. Cette application PAGE, mise gratuitement à disposition, est destinée aux professeurs pour leur permettre de créer de l’activité pour les élèves, en liaison avec le référentiel du baccalauréat professionnel gestion-administration. Avec Page, les élèves reçoivent automatiquement par mail les tâches à réaliser qui s’enchaînent ainsi tout au long de scénarios. Le professeur peut aussi suivre l’activité de chaque élève, y apporter en direct de la complexité et créer des aléas. En d’autres termes, ce logiciel correspond au livre du professeur.

Ces activités sont plutôt déployées dans le cadre d’un enseignement à effectif réduit. Elles font appel à un environnement numérique professionnel dans lequel le gestionnaire administratif évolue au quotidien pour traiter les tâches qui lui incombent.

L’application Page actuellement sous forme d'exécutable mais qui sera installée dans les boitiers NAS avec le reste des applications : PGI, suite bureautique, espaces collaboratifs, sites marchands, site entreprise, banques en ligne, etc. Toutes les activités proposées par le générateur d’activités ne s’inscrivent pas forcément dans le PGI, le professeur/formateur peut utiliser d’autres applications.

Pour faciliter le travail personnalisé, le générateur d’activités balaie en temps réel les bases du PGI, il permet à l’enseignant de « rentrer » dans la base de données du PGI de l’élève et c’est ce qui lui permet de suivre le travail réalisé, de diriger la suite des activités notamment en faisant varier le volume et la complexité du travail de chaque élève. C’est la mise en œuvre très concrète d’une pédagogie différenciée via le numérique.

Voir le tutoriel ici.

Le générateur d’activités ne s’utilise t-il qu’avec OpenErp ?

Non, le générateur d'activités se connecte au PGI d'EBP.

Comment faire quand on ne dispose de rien ou de peu en matière d’environnement technologique ?

Même si la mise en œuvre de la rénovation a été décalée d’un an pour permettre aux équipes de construire leur cadre pédagogique, la plupart des sections ont démarré avec un environnement numérique minimal et classique (suite bureautique).

Mais dès le début, certaines sections ont choisi d’utiliser de nombreux outils gratuits téléchargeables permettant aux élèves de traiter les tâches demandées. Même si il n’y a pas d’applications intranet disponibles, on peut donc commencer ainsi à travailler dans l’esprit « bac GA » et de plus, comme les outils ne sont pas utilisés par tous les élèves en même temps, le nombre de connections simultanées n’est donc pas un obstacle à leur utilisation.

À la suite du dernier séminaire GA de 2014, le CERPEG est en mesure de proposer un éventail de produits constituant une sorte de « kit » permettant de travailler immédiatement dans un environnement minimal. Mais ces alternatives pour entrer dans le bac GA ne peuvent être que provisoires. La logique qui consiste à acquérir un système clé en main avec sa capacité à se renouveler, à se mettre à jour, à gérer les utilisateurs, facilitera l’intégration progressive de l’ensemble de ces outils et la mise en œuvre des scénarios pédagogiques.

Du point de vue gestion pure, il faut cependant éviter d’utiliser d’entrée les solutions non intégrées peu adaptées à la formation (gestionnaires de bases de données, etc.) et préférer les PGI. Il est même préférable d’attendre une certaine familiarisation avec le PGI avant de lancer des activités à forte composante gestion.

Comment faire pour se former à ces nouveaux outils ?

Il n’est pas évident de se former seul à ces outils mais le CERPEG propose une plate-forme numérique avec de nombreux tutoriels, des « référents GA », plutôt experts sur la solution NAS/OpenErp, ont été désignés dans les académies et viennent accompagner les équipes. Les inspecteurs mettent en place des listes de diffusion, des plates-formes collaboratives pour échanger, prévoient des formations et disposent d’un réseau de formateurs académiques. Enfin, la plupart des éditeurs privés proposent des espaces de formation et des tutoriels.

NOTES

  1. Aller En anglais : ERP (ENTERPRISE RESOURCE PLANNING)
  2. Aller Le NAS (Network Attached Storage) est un serveur de fichiers autonome, relié à un réseau dont la principale fonction est le stockage de données en un volume centralisé pour des clients réseau hétérogènes.
  3. Aller Voir à ce sujet : http://www.reseaucerta.org/faq_openerp
  4. Aller http://www.ebp.com/espaces/education/accueil.html
  5. Aller https://www.odoo.com/fr_FR/ ou SysAlp
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Le passeport professionnel

Témoignages d'élèves

Des élèves d'une classe de Baccalauréat professionnel "Gestion-administration" témoignent sur le passeport professionnel. Découvrez ces vidéos sur le site de CERPEG.

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